Cédric Hédont – Groupe Semardel

 "Faire connaître notre démarche auprès de nos partenaires et sur les réseaux sociaux"

La communication sur les déchets, vous voyez cela comment ? Fort d’un modèle économique au service de l’intérêt général, qui permet une démarche vertueuse où "l’argent du déchet reste au déchet", le groupe Semardel modifie les codes du genre en intervenant sur les réseaux sociaux, en proposant des visites du site aux riverains, associations écologiques et élus… Zoom sur la démarche du Groupe Semardel.

VedaCom :  Le Groupe Semardel a été lauréat du 14e Grand prix de l’environnement.

 Qu’est-ce cela signifie pour l’entreprise ?

portrait Cedric Hédont

Cedric Hédont, directeur Communication externe - Groupe Semardel

Cédric Hédont : En participant au 14e grand prix de l’environnement, nous avons souhaité faire connaître nos actions, montrer ce que nous avions mis en œuvre… et ce qui allait se développer demain sur l’Ecosite de Vert-le-Grand. Nous avons présenté notre modèle économique au service de l’intérêt général qui permet dans une démarche vertueuse à « l’argent du déchet de rester au déchet ». Nous avons notamment montré comment le Bilan Carbone© a été utilisé comme outil de prospective pour notre plan de développement sur la valorisation matière, organique et énergétique. Et cela nous a réussi puisque Semardel a été primé sur le volet écologie industrielle avec une mention également sur le volet énergie.

VedaCom : Qu’appelez-vous votre modèle vertueux ?

Cédric Hédont :  Nous sommes une société d’économie mixte. Les bénéfices réalisées sur la gestion des déchets notamment d’activité économique est réinvesti intégralement dans la filière via le développement de nos activités, la modernisation de nos équipements, et ce afin d’être plus performant tout en assurant la préservation de l’environnement… En ayant un centre de tri sur les déchets ménagers à la pointe de l’innovation par exemple, nous augmentons les capacités de matériaux nécessaires pour le recyclage tout en réduisant son coût de fonctionnement pour les collectivités. Semardel a pour raison d’être le service de l’intérêt général.

Ecosite Vert-le-Grand

Ecosite de Vert-le-Grand

VedaCom : Justement, quelles sont vos activités dans la filière déchets ?

Cédric Hédont : Semardel est un groupe créé en 1984 proposant une gestion globale et durable des déchets grâce à ses 4 filiales :

  • Semaer, l’un des principaux opérateurs de collecte de déchets ménagers ainsi que ceux des activités économiques du Sud de l’Ile-de-France
  • Semavert, pour la conception et la gestion des centres de traitement : plate-forme de compostage des déchets végétaux, plate-forme de production de bois énergie et stockage avec valorisation électrique du biogaz…
  • Semariv, spécialisé dans le traitement industriel des déchets ménagers via la valorisation énergétique et le recyclage.
  • Semapro, nouvelle filiale d’ingénierie, d’expertise et de conseil qui propose nos compétences et savoir-faire tout en mettant en avant la richesse du modèle économique.

L’ensemble de nos filiales sont réunies sur le même Ecosite de Vert-le-Grand. Ce qui nous permet de limiter les déplacements et surtout d’avoir une vision globale et complémentaire de l’ensemble de nos activités. L’Ecosite a pour ambition de devenir également un éco-système industriel en accueillant davantage d’entreprises dans le secteur du développement durable pouvant mutualiser leurs activités avec celles que nous menons.

VedaCom : L’activité des déchets est toujours sensible pour les riverains, les associations de l’environnement. Comment communiquez-vous sur votre activité ?

Cédric Hédont : Nous privilégions les relations locales. Nous avons conçu un programme sur une journée où nous présentons notre plan de développement, faisons visiter nos installations, proposons un déjeuner convivial, gardons du temps pour favoriser les échanges. Une troupe de théâtre sensibilise les enfants, qui n’ont pas le droit de se promener dans nos installations pour des raisons de sécurité, à la gestion des déchets. Ce rendez-vous a été organisé avec toutes les communes riveraines pour répondre à leurs questions. Nous déclinons ce type de journée pour les associations environnementales et les élus. A l’issue de la rencontre, les familles répondent à un questionnaire de satisfaction nous permettant d’en mesurer l’impact et de les adapter en conséquence.

Visite sur eco-site

Visite de riverains sur l'Ecosite de Vert-le-Grand

VedaCom : Et alors, qu’est-ce qui en ressort ?

Cedric Hédont : Essentiellement la transparence sur nos activités.

VedaCom : Vous formez également -voire reformez car nous avons perdu ce lien avec la terre- les riverains aux odeurs de compost, pouvez-vous m’en dire plus ?

Cédric Hédont : Nous gérons 40 000 tonnes de déchets végétaux par an. Leur fermentation pour faire du compost génère nécessairement des odeurs spécifiques -ce qui ne signifie pas forcément de mauvaises odeurs !-. En formant les habitants des communes riveraines, nous nous informons mutuellement sur les détections et sources des odeurs. Mais nous allons au-delà en expliquant à ce réseau de nez notre démarche de résultat et les procédures mise en œuvre pour pallier tout dysfonctionnement. Les riverains de l’Ecosite sont maintenant aussi des sentinelles qui surveillent avec nous la plate-forme de compostage.

VedaCom : Que faites-vous après du compost obtenu ?

Cédric Hédont : Nous produisons un compost sur végétaux de qualité (éco-label européen) qui est ensuite revendu aux agriculteurs locaux et utilisé en agriculture biologique.

compost

VedaCom : Vous êtes très présents sur les réseaux sociaux. Est-ce important pour une activité comme celle des déchets ?

Cédric Hédont : Comme nous l’avons évoqué, nous souhaitons faire connaître notre modèle et rendre accessible nos activités au plus grand nombre en Essonne mais aussi sur le plan régional et national. Internet et les réseaux sociaux contribuent à cette démarche. Nous avons depuis cet été dans le cadre de la refonte en cours de notre site Internet un compte Viadeo pour participer à des hubs sur les déchets, utilisons Twitter et Facebook pour diffuser notre actualité et dialoguer. Les riverains participant à nos journées peuvent retrouver les vidéos sur Daily Motion. Notre film institutionnel y est aussi.

VedaCom : Qu’appréciez-vous dans les réseaux sociaux ?

Cédric Hédont : L’information circule vite, c’est un espace d’échanges pour montrer nos activités, tirer profit des expériences et répondre aux attentes et interrogations, bref nous enrichir mutuellement. Ils sont complémentaires des réseaux professionnels de nos partenaires, comme l’Ordif, la Fédération des Etablissements publics locaux, le Cercle national du recyclage et Amorce.

VedaCom : On en parle depuis tout à l’heure. Quelles seront les prochaines étapes de votre développement ?

Cédric Hédont : Notre Plan de développement prévoit 3 grands projets sur l’Ecosite :

  • Une unité de méthanisation qui permettra de produire du biogaz carburant pour les camions de la filiale Semaer.
  • Un centre de tri de déchets d’activité économique qui permettra de produire du CSR (combustible solide de récupération) et une plate-forme de négoce des matériaux de déconstruction
  • Un pyrogazéifieur alimenté par le CSR du centre de tri des déchets d’activité économique qui permettra de produire de l’électricité tout en assurant l’alimentation en eau surchauffée du réseau d’Evry.

VedaCom : Le cercle vertueux s’agrandit. Merci Cédric.

A propos de Semardel

Le Groupe Semardel collecte, traite et valorise les déchets tout en proposant ses prestations d’ingénierie. Il offre aux collectivités des solutions garantissant un service public de qualité au meilleur coût et propose aux industriels des moyens de traitement de déchets adaptés à leurs besoins. Au service de l’intérêt général, il développe de nouveaux outils assurant une valorisation toujours croissante des déchets accueillis sur l’Ecosite de Vert-le-Grand (91).

Solange Hémery-Jauffret