Peut-on envisager un développement réellement durable sans un changement profond de nos comportements ?

changer les comportementsSidièse, Victor Ferreira et les comportements…

Mardi soir se tenait l’Entre-nous de Sidièse sur une thématique Ô combien intéressante  « Peut-on envisager un développement réellement durable sans un changement profond de nos comportements ? ».

L »intervenant n’était autre que Victor Ferreira

J’ai rencontré Victor Ferreira cet été lors de l’Université d’été de la communication et du développement durable. Victor est intervenu sur les changements de comportement. Je lui ai proposé de l’interviewer, j’ai réalisé le test de l’Institut de neurocognitivisme sur le stress disponible sur Facebook, apprécié les résultats mais dès septembre, j’ai manqué de temps, et les choses en sont restées là…

Jusqu’à la semaine dernière. Le community manager de Sidièse m’a contacté pour me proposer de venir à l’Entre-nous trimestiel de Sidièse qui réunit les collaborateurs, les clients, des partenaires (free ou autre), des connaissances… Et de ré-écouter Victor Ferreira sur les changements de comportement.

Mais tout d’abord, savez-vous qui est Victor Ferreira ?

Ex-directeur général de Max Havelaar Fance, ex-directeur général d’Agir ici (devenu Oxfam), créateur de l’association Etudiants et développement, Victor Ferreira est un militant… Puis il est devenu le directeur général de l’Institut de neurocognitivisme pour mieux appréhender les comportements. Maintenant, son projet relie cette approche des comportements et son intérêt pour les actions citoyennes avec pour objectif de favoriser le développement durable.

Pourquoi s’intéresser au changement de comportement ?

Ces 20 dernières années, nous cherchions surtout à sensibiliser à l’action, mais cela ne touchait que les personnes en phase avec ces valeurs. L’enjeu maintenant est de savoir comment mobiliser les personnes qui ne sont pas en phase avec ces valeurs. Et comment associer les dimensions de changement de comportement à la question du sens dans son travail, dans son activité de consommateur ?

Changer les comportements, qu’est-ce que cela recouvre ? Comment fonctionne l’être humain ?

L’individu prend 5 à 6000 décisions par jour. 4 zones du cerveau sont à l’oeuvre lors des prises de décision :

  • Reptilienne  ou la zone de survie : manger, boire, se reproduire…
  • Paléo-limbique ou la zone mammifère, c’est la zone de la confiance en soi et des relations avec les autres.
  • Neo-limbique ou la zone des émotions, c’est la zone de notre histoire : tout y est figé au bout des 3 à 6 premiers mois de notre vie. Nos stress d’enfance impriment nos modalités pour l’action : il y a des choses que j’aime faire, pas faire, que je m’empêche de faire.

Ces 3 premières zones sont considérées comme « automatique ». En situation de conflit : on appuie sur le bouton et le scénario se déroule.

  • Préfrontal : c’est la  seule zone en capacité de gérer la complexité et le changement. C’est le cerveau de l’analyse, de la gestion globale des événements qui vient à maturité vers 18/25 ans. Cette zone sait gérer les émotions (joie, colère, tristesse, ..), c’est aussi le siège des sentiments (pas de négatifs à la différence des émotions : paix, sérénité, bienveillance…) ainsi que le cerveau de l’intuition.

Que se passe-t-il quand nous sommes en stress ?

Le stress déclenche 3 situations :

  • Fuite > anxiété
  • Lutte  (dans le sens hérisser les poils pour montrer qu’on est fort) > colère
  • Inhibition (dans le sens de s’allonger et faire le mort) > déprime voire dépression

L’expression du stress se situe au niveau du reptilien quand le stress = 1 danger de mort, mais quand la situation de stress est à un niveau traditionnel, le préfontal dit au cerveau « mets toi en stress ». Le préfrontal nous indique que nous n’avons pas le comportement adéquat. Il joue un rôle de stabilisateur émotionnel.

Comment passer de l’automatique au préfrontal ?

Quand on complexifie les choses, on passe sur le préfrontal. On se met dans une dynamique qui nous oblige à réfléchir.

Il existe 6 techniques de bascule de l’automatique au préfontal :

  • la curiosité multisensorielle de l’événement Versus la rigidité,
  • l’acceptation de l’événement Vs le refus de cet événement,
  • la nuance des éléments Vs la vision que tout est noir ou blanc,
  • relativiser les choses,
  • la compréhension des tenants et des aboutissements de la situation Vs se conforter et réagir par nos habitudes du passé,
  • l’analyse de soi par rapport à la situation, ce qui sous-entend la question de la dépendance au regard des autres.

Quel lien avec le développement durable ?

Il ressort d’une pré-étude réalisée par l’Institut de Médecine Environnementale (IME) pour repérer le lien entre comportement DD et habitudes cognitives :

  • + il y a de stress, moins on est acteur du DD > + on est dans le préfrontal, + on est acteur

On peut agir sur la motivation en considérant que les motivations se créent très jeune (zone néo-limbique). Il en existe 3 sortes :

  • Motivation pour éviter quelque chose (punition) : cela peut tout de même être une motivation importante pour certains militants qui bougent pour être contre.
  • Motivation liée au résultat : on agit pour obtenir quelque chose.
  • Motivation quand on prend plaisir à faire. Le plaisir se situe dans l’émotion positive, le sens, les valeurs.

Dans le long terme, la motivation « plaisir » est la plus puissante pour passer à l’action.

La sensibilisation n’est pas un moteur pour changer, rendre le produit désirable (et être donc dans la dimension de plaisir) le peut. Nous sommes actuellement moins dans une phase de conscience qu’une phase de solutions à proposer. Victor Ferreira est revenu sur son expérience chez Max Havelaar France. Avant, pour aller acheter un produit équitable, il faut souvent parcourir 20 km. En proposant ces produits en grande surface, on facilite l’accès (ne pas attendre que le consommateur fasse un effort) et les consommateurs peuvent se faire plaisir (c’est bon pour moi, c’est bon pour les producteurs).

Pourtant la sensibilisation doit continuer, mais avec un autre discours : moins on est stressé par les risques, plus on est motivé.

Conclusion de Victor Ferreira : à quand parler du plaisir de la sortie du nucléaire ?

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