UECDD, c’est déjà fini… ce qu’on peut en retirer !

Bannière Université d'été de la communication pour le développement durable10 ans d’université d’été de la communication. Vers une démocratie contributive ?

… et la fin des communicants DD ?

Et voilà, les 10 ans de l’université d’été de la communication pour le développement durable (UECDD) sont déjà finies !

Retour sur ces 2 jours bordelais placés sous le thème de la démocratie contributive qui n’a réuni que peu de communicants (seulement 22 %) au profit de nombreux acteurs des collectivités territoriales, coopératives et entreprises.

Allez, parlons tout de suite du point qui fâche… 10 ans de communication sur le DD, une plénière sur la communication responsable sans aborder le travail réalisé par les participants de tous bords de la commission Afnor sur l’ISO 26000, la sortie du guide, le collectif Adwiser ou la création de l’association pour une communication plus responsable... Un gros loupé !

Tweet Association pour une communication plus responsable

Seule Valérie Martin de l’Ademe aura parlé de greenwashing cette année avec la sortie du guide en ligne anti greenwashing composé d’un guide téléchargeable et de tests en ligne. Je vais le regarder de plus près dans les prochains jours et je n’hésiterai à vous indiquer mes remarques et commentaires 😉

Dans un format plus dynamique que celui de l’année passée, l’UECDD nous a proposé d’écouter les pensées de Pierre Rosanvallon sur les transformations démocratives, de Bettina Laville, de réfléchir aux principes de mise en oeuvre d’une démarche de coproduction*…

Ces 2 jours se sont terminés par une plénière animée par Anne-Sophie Novel rédac chef d’Ecolo-Info, auteure du livre Vivre la co-révolutionLa thématique :  Quel imaginaire développement durable pour le 21e siècle ? avec notamment Mathieu Baudin de l’Institut des Futurs souhaitables et Sébastien Kopp de Veja.

Cette année, je me suis concentrée sur une thématique, les parties prenantes  et le reporting RSO avec 3 forums/ateliers, plus en lien avec mon cheminement actuel. Et voici ce que j’en ai retenu…

De la concertation à la coproduction : comment mieux faire faire participer citoyens et parties prenantes à la gouvernance des territoires et des entreprises ?

Le pitch : Depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992, la concertation s’est invitée dans les pratiques des entreprises privées et publiques, des collectivités territoriales, de l’Etat. Mais, malgré des retours d’expérience très positifs, l’approche par le dialogue parties prenantes rencontre un certain nombre de freins : méthodologie, représentativité des parties prenantes, neutralité des tiers facilitateurs, évaluation, etc. Alors que nous sommes entrés dans « l’ère de l’impératif délibératif », ou « la légitimité de la décision ne réside plus dans la volonté de tous, mais dans la délibération de tous », comment inventer de nouveaux processus de concertation et de dialogue avec les parties prenantes ?

Avec :

  • Christophe Piednoël, Directeur de la Communication, des Relations Extérieures, et de la Concertation, RFF (Réseau Ferré de France)
  • Delphine Smagghe, Vice-Présidente Mc Donald’s France, en charge du développement durable et des relations extérieures
  • Laure Curvalle, Vice-présidente de la CUB (Communauté urbaine de Bordeaux)
  • Bertrand Pancher, Député de la Meuse, président de “Décider ensemble”
  • Animateur : Anne Chanon, Directrice Le sens Commun auteur de l’Entreprise à l’ère de la défiance : l’intérêt du dialogue social

Après un passage obligé par le Grenelle et l’évolution au sein des groupes de travail, Christophe Piednoël nous a expliqué les conditions de participation des citoyens et des parties prenantes pour RFF : « La concertation est arrivée le jour où le service juridique nous a présenté les nouvelles exigences juridiques ». Pas d’alibi sur la volonté de la direction d’associer ses parties prenantes. C’est donc au pied du mur qu’il a fallu le faire. Le débat est posé, la langue de bois oublié. RFF a réuni + de 70 000 personnes sur ses différents projets.

Mc Donald’s a démarré ses concertations dès 2007 avec un chantier sur les emballages abandonnés, puis en 2009 un autre dédié à la filière agricole. Avec un objectif : diminuer les gaz à effet de serre de 60 % en 2020.

Les grands axes d’une concertation réussie (enfin, ma synthèse de tous les discours…):

  • définir les bonnes parties prenantes du projet avant de réfléchir à la méthodologie de la concertation
  • préciser dès le début les contraintes du projet étudié lors de la concertation (ne pas alimenter la boîte à rêves notamment sur les montants finances qui pourraient être investis)
  • élaborer une charte spécifique : les règles du jeu de la concertation
  • réaliser un travail de terrain pour mobiliser les participants
  • laisser les participants une marge de manoeuvre (bref une vraie concertation…) sur les thèmes, les experts…
  • mettre en place les indicateurs, les solutions définis par la concertation
  •  rendre compte aux participants de la concertation… et aux autres par des outils de communication dédiés : site, portail open data

Comment articuler mécénat et politique de RSE ?

Animée par Isabelle Boudard du Comité 21, la table-ronde a réuni une dizaine de participants de différents horizons : mairie, monde associatif, entrepreneurs… Avec Michel Lacroix de R2C2, nous avons dignement représenté les communicants 😉

Après avoir insisté sur les conditions du mécénat (défiscalisation si l’action est d’intérêt général, sans impact sur les activités marchandes de l’entreprise, et si la communication sur l’action ne va pas au-delà de 25 % du budget), notre groupe s’est interrogé sur la logique de distinguer mécénat d’un côté et RSO (responsabilité sociétale des organisations donc les entreprises comme dans la RSE + les autres types d’organisations : collectivités territoriales, associations…) de l’autre. Même si ce n’est pas l’avis partagé de tous, nous en avons conclu que dans le cas d’une organisation engagée, le mécénat devait faire partie de la démarche RSO. Sans quoi, le mécénat ne serait que la danseuse du président (position qui convient tout à fait aux 2 représentants du monde associatif qui souhaitaient que les organisations leur donnent de l’argent mais sans se mêler de la façon dont ce dernier pouvait être investi…).

Rendre compte du développement durable : le nouveau reporting RSO (reporting intégré, Art.225)

Toujours animée par Isabelle Boudard, l’atelier s’est basé sur les interventions d’Utopies, d’Icade, de la mairie d’Orléans et de Bettina Laville. Autour d’eux : des coopératives, un CHU et une association les représentant, des collectivités, une représentante de La Poste et… 3 communicants (Béatrice Eastham de Green Evénements nous a rejoint, Michel et moi).

Après un retour sur la loi NRE et l’article 225 du Grenelle 2 -Bettina Laville nous a d’ailleurs indiqué que le gouvernement réfléchissait à l’arrêté qui accompagne le décret pour intégrer le recours des associations-, nous nous sommes intéressés à la mise en place du reporting chez Icade et à la mairie d’Orléans (deux études de cas très intéressantes) et défini de grands axes.

  • Elaborer des indicateurs pertinents au regard de son activité – le décret n’oblige pas, en effet, à décliner les 42 lignes thématiques.
  • Former, éduquer, sensibiliser en interne à la démarche d’évaluation pour coconstruire le reporting.
  • Intégrer l’évaluation DD au Business Model.
  • Structurer l’information par rapport aux différents publics visés – qui ne recherchent pas toujours la même information.
  • Faire évaluer le reporting par des acteurs externes de l’entreprise, par les parties prenantes.

Bettina Laville a conclu cet atelier en précisant que le risque du reporting RSO d’après l’article 225 était à l’opposé de celui de la loi NRE. Très tôt, en effet, les entreprises ont appliqué la loi NRE et l’ont valorisé par des actions de communication (le voilà notre greenwashing mais le mot n’a pas été prononcé…), puis le travail est devenu plus sérieux. Là, avec l’art.225, le risque pourrait de vouloir être exhaustif, de fournir un document trop complexe, compréhensible uniquement par des experts…

Y aurait-il des communicants dans la salle ? 😉

Autre moment fort de cette 10e édition : la visite de l’éco-système Darwin

Mais là, je reviendrai très prochainement dessus. J’ai été réellement impressionnée par la cohérence de la démarche, du projet et des acteurs. Chapeau bas.

*Je préfère cette écriture à co-production.

9 Comments »

  1. Merci Solange pour ce CR d’une rencontre qui avait l’air très intéressante. Je relève ton point sur la concertation et la nécessité de donner une marge de manoeuvre aux participants: je confirme, il arrive trop souvent qu’au cours de démarches de changements, les pilotes mettent en place une fausse démarche d’implication et de concertation. On dit impliquer car on sait qu’il faut impliquer mais on ne le fait pas vraiment. Implication va de pair avec délégation mais heureusement va aussi de pair avec adhésion. Et si je peux me permettre, je pense que dans le cadre d’une concertation , il est nécessaire de créer une vision commune (vision dans le sens image du succès du projet). Je lirai avec intérêt ton billet sur le projet Darwin qui effectivement a l’air intéressant.

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